Un plateau virtuel, des milliers d’internautes en transe, et un streamer Twitch qui lance à un auditeur : « T’as un flingue, une balle. Entre l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, et Éric Zemmour, tu tires sur qui ? » Bienvenue dans The Mingo Show, l’émission où la bêtise se diffuse en 4K. Ce n’est pas un sketch, c’est la réalité : Dofla, alias Geoffrey Cadasse, 120 000 abonnés au compteur, a osé ce “jeu” morbide en direct sur Twitch. L’auditeur, après une hésitation gênée, tranche : « Zemmour, quand même. » Rideau, scandale, et tollé général.
Zemmour et Chalghoumi : des cibles dans le viseur
Qui sont les “cibles” de ce divertissement glauque ? Éric Zemmour, patron de Reconquête, est le punching-ball préféré des bien-pensants. Ses prises de position sur l’immigration et l’identité française lui valent condamnations, manifs antifascistes, et même des amendes pour affiches mal collées. Un homme à abattre, au sens figuré… et peut-être plus, pour certains. Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, est lui dans le collimateur des radicaux pour son combat contre l’islamisme. Sous protection policière depuis des années, il collectionne les menaces de mort comme d’autres les timbres. Depuis l’assassinat de Samuel Paty, sa tête est mise à prix par les extrémistes. Et Dofla trouve ça hilarant de jouer au sniper.
“Pistolet à billes” : la défense pathétique de Dofla
Quand la séquence, exhumée par le compte X “Twitch Gauchiste”, a mis le feu aux réseaux, Dofla a dégainé l’excuse la plus minable du répertoire : « C’était un pistolet à billes, voyons ! » Bien essayé, Geoffrey, mais on n’est pas à la kermesse du village. Accusé d’appel au meurtre, le streamer Twitch n’a pas daigné s’excuser. Au contraire, il s’est gargarisée du buzz, comparant son dérapage aux provocations de Cyril Hanouna. Parce que, bien sûr, si Hanouna le fait, c’est validé par le CSA, non ? Chalghoumi, lui, n’a pas goûté la blague : il a porté plainte pour menace de mort, soutenu par son avocat et une vague d’internautes révoltés. Zemmour, pour l’heure, reste muet.

Et si un streamer de droite faisait la même ?
Un streamer pro-Zemmour demande : « Une balle, tu tires sur Mélenchon ou Rima Hassan ? » Les serveurs de Twitch s’effondreraient sous les signalements, les éditorialistes crieraient à l’incitation à la haine, et le compte serait banni avant le générique de fin. Mais là, rien. Twitch, cette jungle où les modérateurs traquent les émojis douteux mais laissent filer les appels au meurtre, n’a pas bougé un cil. La liberté d’expression, c’est sacré… surtout quand ça cogne sur les “méchants” de droite ou les imams “trop modérés”. Ce deux poids, deux mesures sent l’hypocrisie à des kilomètres.
Une époque où la bêtise tue en direct
Ce scandale n’est pas qu’une frasque d’un streamer Twitch en mal de clics. C’est le symptôme d’une époque où tout passe, du moment que c’est “pour rire”. Dofla ne prendra peut-être jamais une arme, mais ses mots, balancés devant des dizaines de milliers de spectateurs, dessinent une cible sur le dos de deux hommes déjà menacés. Et Twitch, ce Far West numérique, continue de pioncer pendant que les balles verbales fusent. À quand une modération qui dégaine contre autre chose que les trolls homophobes ? Chalghoumi l’a martelé : « C’est un appel au meurtre. Je ne me tairai pas. » Et nous non plus.